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Quelle énergie accordez-vous à l’argent ?

Ce nouvel article est dédié à une énergie dont vous parlez souvent, d’abord et surtout parce que celui-ci semble vous échapper : il s’agit de l’argent. Depuis le début des années 1980, les hommes politiques, appuyés par certains médias ont cultivé l’idée d’une crise économique, crise réactivée à plusieurs reprises ces dernières années et mois.

Pour autant, et si vous prenez le temps de regarder avec honnêteté dans le passé, vous constaterez que l’humanité est jalonnée de hauts et de bas dans les flux d’échanges entre les personnes.

La première chose à prendre en compte en effet est le fait que l’argent contribue à un système de flux de services et/ou d’objets.

Pour le dire autrement, il est venu remplacer une économie de dons contre dons.

Au fil de son utilisation, vos ancêtres et vous-mêmes avez attribué une valeur à celui-ci. Quelle était sa valeur initiale ? Quelle est celle qui lui est attribuée aujourd’hui ? Enfin comment pouvez-vous faire évoluer votre rapport à l’argent ?

L’argent, une énergie neutre

Au départ, l’argent en tant que pièce métallique ou en billet, est un moyen de paiement socialement reconnu dans l’échange commercial des marchandises et services. Sur le plan métaphysique, comme l’explique Kaya et Christiane Muller, il constitue une ressource énergétique permettant de satisfaire vos besoins et de matérialiser vos intentions, idées, objectifs et projets. Symboliquement le fait de reconnaître votre rapport à l’argent, c’est-à-dire votre façon de le gagner, l’utiliser et le partager, est très révélateur des valeurs et principes selon lesquels vous vivez. De manière générale, sa symbolique positive ou négative dépend de l’intention avec laquelle vous vous en servez et des résultats que cela génère.

Autrement dit, l’argent possède une énergie neutre initialement. Un manque d’argent indique la pertinence d’une période de limitation sur le plan matériel pour vous inciter à réfléchir sur la façon dont vous matérialisez et gérez les ressources ainsi que sur la qualité de vos projets, de vos relations et de vos échanges avec les autres, et ce, sur tous les plans.

La financiarisation et l’instrumentalisation de l’argent

En temps de crise, il vous devient encore plus flagrant que certaines énergies se servent de votre argent, qu’elles l’instrumentalisent.

Attention à sortir du triangle infernal victime-bourreau-sauveur et à prendre de la hauteur par rapport à la situation que vous vivez.

Pour rappel sur la notion de responsabilité, voir : https://emilie-m.net/bien-etre-et-responsabilite/

Le fait d’avoir des peurs par rapport à l’argent, comme la crainte d’en avoir et de le perdre par la suite, indique symboliquement la présence de mémoires marquées par la perte, l’échec, la ruine, la pauvreté, qui proviennent de cette vie ou d’autres vies. Par ailleurs, le rejet de l’argent au nom de la spiritualité ou la difficulté qu’il déclenche révèle un détachement excessif de la matière et l’incompréhension de son rôle éducationnel dans le processus de l’évolution humaine.

Autrement dit, votre rapport à l’argent vous indique où vous en êtes dans votre évolution et votre rapport à la matière. Il ne s’agit pas d’en avoir beaucoup ou peu, mais bien d’observer et analyser votre comportement et vos réactions par rapport à celui-ci.

Vous réapproprier l’argent comme un retour à votre propre puissance

C’est donc vous-même qui attribuez de l’importance et surtout du sens à l’argent. Le fait de travailler sur votre problématique liée à l’argent vous permet un retour à votre propre puissance. La puissance dont je parle est celle de la puissance spirituelle, absente de toute connotation de pouvoir sur autrui. Il s’agit plutôt d’une puissance sur soi-même, d’une maîtrise de soi et des lois universelles.

D’ailleurs ces derniers mois, les circonstances vous appellent à travailler avec sincérité et objectivité sur vous-même et à revenir au cœur de vous-même.

L’éventualité d’un re-confinement qu’il soit localisé ou non et surtout le recours au couvre-feu, vous oblige de nouveau à revenir à vous-même.

Je ne parlerai pas ici du fait qu’il soit justifié ou non et de la manipulation de certains énergies pour vous faire peur et ainsi contribuer à la baisse de vos taux vibratoires, ce serait trop long à expliquer ici.

Dans un précédent article en juin 2020, je vous faisais part déjà de messages symboliques à travers le tarot de Marseille, avec l’invitation de revenir au cœur de vous-même.

Pour rappel : https://emilie-m.net/il-est-temps-dentrer-dans-laction-dans-le-coeur-en-traversant-la-couronne/

L’argent est très symptomatique de la libre circulation ou non de l’énergie et de votre rapport à la matérialité. Travailler vos croyances et vos mémoires, c’est vous permettre de neutraliser des charges émotionnelles et mentales discordantes qui vous freinaient jusqu’à présent. Cela vous permet aussi de pouvoir accéder à la suite de votre plan d’évolution pour revenir progressivement à votre plein potentiel.

En conclusion, l’argent constitue une énergie neutre qui constitue une ressource énergétique permettant de satisfaire vos besoins et de matérialiser vos intentions, idées, objectifs et projets.

De plus, le fait d’avoir des peurs par rapport à l’argent, comme la crainte d’en avoir et de le perdre par la suite, indique symboliquement la présence de mémoires marquées par la perte, l’échec, la ruine, la pauvreté, qui proviennent de cette vie ou d’autres vies. Il existe aussi des croyances collectives expliquant des phénomènes locaux voire mondiaux d’instrumentalisation de l’argent.

Enfin comme tout objet ou phénomène vous dérangeant, votre rapport à l’argent peut évoluer. En vous réappropriant l’argent en tant qu’énergie positive dans votre vie, vous vous réappropriez une partie de votre puissance. Et vous vous rapprochez davantage de la maîtrise de vous-même.

Vous avez encore des questions ou des remarques sur cet article ? Posez-les en commentaires, j’y répondrai avec plaisir.

Bien à vous,

Émilie Laure

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La communication non violente, pour désactiver les conflits

Avec cet article, je souhaite partager avec vous une technique de communication qui permet de désactiver les conflits tout en vous respectant vous-même. Il est dommage que vous ne puissiez la recevoir actuellement lors de vos formations académiques, car elle permettrait de rendre la vie personnelle et professionnelle nettement plus harmonieuse. Au lieu de cela, et je le sais d’autant plus que je fournis des formations en communication, expression écrite et orale, les programmes actuels demandent seulement la transmission de connaissances et savoir-faire en argumentation. Elles ne font pas le lien entre la communication et la résolution pacifique de conflits.

Aussi et m’appuyant sur le travail réalisé par Pierre Pellissier, je vous fournis ici quelques clés qui vous donneront peut-être envie d’aller plus loin avec cette technique de communication non violente.

Calmer notre émotion

Globalement et comme le rappelle l’auteur, souvenez-vous que le rapport de force est contre-productif. En effet, même si vous obtenez un « oui » de force, vous laisserez une véritable frustration chez l’autre personne et l’objectif majeur de la communication non violente est que chacun ressorte satisfait et apaisé de l’échange. Donc vos premiers pas passent par la nécessité de calmer vos émotions. Plusieurs méthodes peuvent vous être utiles pour ce faire : la correction de l’erreur de représentation, le report de l’attention sur la respiration, encaisser les coups sans renvoyer, ou toute autre technique que vous maîtrisez et qui vous permet de rester calme.

Rappel sur une technique simple de méditation, en travaillant sur sa respiration : https://emilie-m.net/mediter-respirer/

Calmer les émotions de l’autre

L’autre personne vous voyant calme peut déjà commencer à se calmer. Et si dans l’échange vous percevez que vous recommencez à sentir la colère monter, revenez à la première étape.

C’est ensuite au tour de la personne en face. Comment la calmer ? Eh bien en ne faisant rien ou presque rien. Remettre de l’huile sur le feu, même si vos arguments sont valables est très énervant avouez-le.

L’idée est de ne pas contrer ni juger. En prononçant un mot comme : oui, bon, bien, d’accord. Ces mots envoient le message : « Vous avez sûrement une bonne raison de dire ce que vous dites et de le dire comme vous le dites. Je suis prêt à en parler avec vous. »

Cette étape dure le temps nécessaire, le temps qu’il faut pour dire « oui ».

Les empathes savent bien aller facilement jusqu’à cette étape.

Quand les émotions des deux protagonistes sont stabilisées, vous pouvez passer à l’étape suivante.

Comprendre plutôt que de se faire comprendre

Troisième étape : celle de comprendre l’autre. Comment devez-vous faire ? En posant des questions ! Par exemple : « pourquoi n’êtes-vous pas d’accord ? ». Écoutez la réponse de votre interlocuteur avec l’intention de voir les choses comme il les voit, voire de les ressentir comme il les ressent. Cherchez à être convaincu plutôt que de convaincre.

Son « oui » futur est dans les arguments mêmes qu’il vous oppose.

Soyez sincère dans votre écoute et réellement intéressé car là réside la solution qui vous permettra de résoudre votre conflit.

Faites-lui comprendre que vous l’avez compris en reformulant ses propos

Écouter est déjà une étape importante. A présent, prouvez à votre interlocuteur que vous avez compris ce qu’il vous a dit. Pour cela utilisez la reformulation. Redites avec vos mots ce que vous avez compris en finissant votre propos par une phrase du type « c’est bien cela ? ».

S’il dit oui, vous êtes toujours sur le bon chemin, sinon posez de nouveau les questions nécessaires pour bien comprendre votre interlocuteur. S’il se sait compris, votre interlocuteur sera prêt à vous écouter.

Juxtaposer votre point de vue au sein plutôt que de l’opposer

La cinquième étape consiste à juxtaposer votre point de vue au sein grâce à l’aide de mots-clés comme « de mon côté », « pour moi », « en même temps », « de mon point de vue ». Évitez à tout prix le « oui mais » qui signifie « NON ».

Ensuite observez les deux points de vue en cherchant à trouver une solution qui puisse convenir aux deux. Ce sont alors deux cerveaux qui réfléchissent en même temps à résoudre l’équation.

Proposer une solution

Vous pouvez alors passer à l’étape suivante ! Dès qu’une solution gagnant-gagnant apparaît, proposez-la. Si vous ne la voyez pas, demandez à votre interlocuteur s’il voit une solution. Et parlez-en ensemble. Éventuellement si aucune solution gagnant-gagnant n’apparaît, cherchez un compromis. Ce dernier a de grandes chances d’être accepté, car la relation est devenue une relation de coopération.

Si jamais la solution n’a pas encore été trouvée, on peut se donner un temps supplémentaire de réflexion. Chacun des protagonistes y réfléchira de son côté.

En résumé, l’attitude générale consiste à comprendre que le rapport de force est contre-productif. Résistez à la tentation d’utiliser les arguments, les menaces et les attaques personnelles.

Pensez à traiter les émotions avant de traiter le problème : vos émotions et celles de votre interlocuteur. Questionnez pour comprendre, reformulez et juxtaposez les points de vue. Enfin proposez une solution gagnant-gagnant.

Pour en savoir plus : http://www.letaoduconflit.fr/

Vous avez encore des questions ou des remarques sur la communication non violente ? Posez-les en commentaires, j’y répondrai avec plaisir.

Bien à vous,

Émilie Laure

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Il est temps d’entrer dans l’action, dans le cœur en traversant la couronne

Dans cet article, je vous propose de poser quelques éléments de réflexion sur la situation que nous vivons actuellement grâce à l’aide des symboles du tarot de Marseille.

Pour ce faire, j’ai réalisé un tirage (le 23 juin 2020) qui a laissé apparaître 4 cartes : le chariot, le 10 de coupe, l’as d’épée et le 7 de deniers.

Découvrez ce que ces cartes vous disent aujourd’hui d’un point de vue universelle du quotidien que vous vivez et du contexte vous êtes amené à évoluer collectivement.

Le chariot, carte n°7, représente l’action par excellence

Comme le rappelle A. Jodorowsky, le chariot sait parfaitement où il va. Regardez la carte : deux chevaux, un véhicule et le conducteur (portant une couronne, il peut être identifié comme un prince).

Le symbole est troublant car le chariot est planté dans la terre. Cela peut donc vous indiquer qu’il ne peut pas avancer. En réalité, il ne fait qu’un avec la terre et avance avec elle, à son rythme.

Sans passer en détail la carte dans cet article, j’attire votre attention sur le personnage du chariot qui est complet, il agit sur trois plans à la fois (matériel, spirituel, galactique). Dans sa main droite, on distingue la courbure d’une boule ou d’un œuf blanc que l’on a déjà aperçu sous l’aisselle du Mat. C’est un secret qu’il garde, une sphère de perfection secrète.

Pour rappel sur le symbole de l’œuf, voir aussi : https://emilie-m.net/le-symbole-de-loeuf-du-point-de-vue-de-a-jodorowsky-suite/

Le chariot représente un personnage qui s’avance vers le succès. Toutefois ses seuls dangers sont l’imprudence et l’inflexibilité du conquérant qui ne doute pas du bien-fondé de sa quête. Le chariot incite à vous questionner sur les moyens d’action dans le monde que l’on met en œuvre et la façon dont vous dirigez votre vie.

Carte particulièrement intéressante dans le contexte mondial actuel où votre rapport à la terre, à l’environnement, la santé, l’économie, les liens sociaux etc. sont remis en question. Et où tout peut renaître.

Le 10 de coupe, fin d’un cycle

Le 10 désigne la fin d’un cycle. L’arcane 10 de coupe montre 9 coupes ouvertes et une dixième, qui ayant tout reçu, est scellée. Les 9 coupes ouvertes ont 5 subdivisions ou tranches, qui correspondent aux 5 sens alors que la dixième a sept tranches qui correspondent aux 7 centres nerveux ou chakras. La demande émotionnelle – avec son ombre, la rancune – s’arrête. Le cœur plein devient puissance d’action. On s’approche de l’idéal de la sainteté : « Rien pour moi qui ne soit pour les autres ». Dans des termes chrétiens, on pourrait dire que le calice est plein du sang divin : la communion s’est réalisée. On trouve ici un parallèle avec la Roue de la fortune, car dans cet état de don potentiel, le cœur attend d’être employé à une œuvre.

Pour rappel sur la roue de la fortune, voir aussi : https://emilie-m.net/la-roue-de-la-fortune-selon-a-jodorowski/

Autrement dit, après le chariot qui nous montre l’action qui suit le rythme de la terre, le 10 de coupe vous invite pleinement à l’action, à sa mise en œuvre en partant du cœur. Elle induit aussi la fin du cycle à l’issue duquel vos prises de conscience doivent vous apporter le regard nécessaire aux choix des actions à mettre en œuvre.

L’as d’épée traverse la couronne

L’épée symbolise le verbe et l’action intellectuelle. L’as d’épée est entouré de flammèches d’énergie. Elle est manipulée par une main surgie d’un demi-cercle lumineux bleu foncé parcouru par une onde bleu ciel , signe d’une puissante activité créatrice. L’épée bien que son manche soit vert (initialement organique) se transforme ensuite en un objet que l’on doit façonner. On ne reçoit pas l’intellect tout fait, c’est une partie de soi-même que l’on doit travailler, comme le forgeron façonne une épée, la rendant forte et flexible à la fois.

De même qu’on trempe l’acier d’une lame pour en éprouver la perfection, le mental doit se tremper dans l’expérience et la souffrance émotionnelle (la lame est rouge) qui l’éprouve.

Pour arriver à sa réalisation, l’épée traverse la couronne, elle ne reste pas enfermée dans le mental individuel régi par la notion de pouvoir.

Les deux rameaux qui poussent de la couronne symbolisent les deux plus grandes finalités du mental : la palme ouverte, réceptive, représente l’espace et l’infini et le gui aux fruits verts représente le temps et l’éternité. En devenant éternel et infini, le mental découvre la conscience cosmique.

Jodorowsky résume la carte ainsi : « le but du mental est de vaincre le passé en se dépassant pour arriver à l’origine. »

Avez-vous remarqué la couronne que l’épée traverse ? Et le monde actuellement traverse une épidémie de Coronavirus (virus de la couronne). Les cartes sont extraordinaires et la symbolique également.

Pour rappel sur le symbolisme du coronavirus, voir aussi : https://emilie-m.net/le-symbolisme-pour-depasser-le-coronavirus/

Autrement dit, il est temps de mettre le mental au service de l’unité et d’aller en direction de la conscience cosmique. Vous savez à quel point ces dernières semaines et derniers mois ont pu être éprouvants émotionnellement et aussi mentalement, remettant en cause vos schémas de pensée hérités du passé.

Le 7 de deniers

Vous finissez ce tirage avec le 7 avec lequel vous avez commencé, 7 que vous retrouvez donc dans la carte du chariot. A. Jodorowsky rappelle que le 7 est le chiffre impair le plus actif, le nombre premier le plus puissant de 1 à 10.

Au centre de la carte vous trouvez trois cercles disposés en triangle, pointe vers le haut, entourés de quatre autre deniers disposés aux quatre coins de la carte. On pourrait y voir, géométriquement, le triangle inscrit dans une figure quadrangulaire, carré ou rectangle. Ces formes symbolisent l’esprit (triangle) en gestation au centre de la matière (carré). Nous pouvons conclure que l’action extrême dans le monde matériel est la gestation de l’esprit, un idéal interne : ce triangle finira par envahir tout le carré, exactement comme le Christ entre en gestation dans le ventre d’un être humain, Marie pour naître d’elle et la convertir en divinité. On pourrait aussi dire que dans le 7 de deniers, on assiste à l’action de la conscience au cœur de la cellule.

Autrement dit, une première action est entamée, celle de l’expansion de la conscience en chacun de nous. Rien ne pourra arrêter ce mouvement à présent.

Accompagnez cette conscience, accompagnez le mouvement de la Terre. Il y a déjà quelques temps qu’elle vous avait indiqué son évolution. Au lieu de contrer son énergie, accompagnez-la et profitez de ses enseignements pour vibrer au cœur de vous-même et transmutez le mental. Traversez la couronne et reliez-vous à l’énergie cosmique. Tels sont les messages du tirage de ce jour.

Vous avez encore des questions ou des remarques sur ce tirage ? Laissez-les en commentaire et j’y répondrai avec grand plaisir.

Prenez bien soin de vous.

Émilie Laure

La maison Dieu, un chemin vers une joie profonde

Dans cette période que nous vivons tous actuellement, les symboles prennent d’autant plus de sens si vous acceptez de les regarder, d’échanger avec eux. Le confinement vous invite à une véritable introspection au cours de laquelle le tarot peut vous éclairer sur ce que vous traversez individuellement. Je dis bien individuellement, même si vous portez tous une part collective.

Observez ce qui dans le collectif vous atteint, observez ce que vous vivez, ce que vous rêvez. Les symboles sont partout en vous et autour de vous.

Pour rappel sur la symbolique : https://emilie-m.net/le-soleil-et-la-lune-des-symboles/

Le tarot de Marseille, riche de symboles

Le tarot de Marseille est souvent perçu comme un outil de voyance vous permettant de vous dévoiler votre avenir. Et c’est à travers ses symboles qu’il vous parle. Pour ma part, je fais partie de ceux qui pensent que l’avenir vous appartient, que vous avez un libre arbitre et que tout peut changer. Autrement dit, j’utilise le tarot non pas pour vous dévoiler votre avenir mais pour vous aider à évoluer.

Sylvie Simon, dans son ouvrage Le Guide des tarots, le décrit sur le plan spirituel : « le tarot vous donnera une vision subtile de la vie, avec ses nuances, ses couleurs, ses joies et ses épreuves. »

Même si son ouvrage est centré sur une vision classique de la cartomancie, elle livre là un aspect important du tarot de Marseille : les nuances des symboles, l’ambivalence d’une carte et de tous ses symboles.

Je vous propose dans cet article de revenir sur une carte du Tarot de Marseille, à travers ses symboles, ce qu’elle peut vous rappeler de l’histoire collective et ce que Jodorowsky en propose.

La maison Dieu rappelle la tour de Babel

J’ai choisi cette fois-ci d’aborder la carte de la maison Dieu car elle m’est apparu il y a déjà plusieurs jours. Et j’ai perçu une nouvelle fois les rapprochements entre les significations de cette carte et les situations individuelles et collective que nous vivons actuellement.

La Maison Dieu, carte n°16 du tarot de Marseille de A. Jodorowsky et P. Camoin, représente une tour d’où deux personnages s’enfuient en se jetant par les fenêtres. La tour est frappée d’un feu venant du ciel. Et son sommet est en train de s’écrouler.

Notez aussi que le sommet a la forme d’une couronne.

Je dois rappeler que vraisemblablement, on estime l’origine du tarot de Marseille à l’époque du moyen-âge, époque où la culture chrétienne est très forte et où parfois ses symboles se sont imprégnés très fortement dans le quotidien. Ainsi la Maison Dieu me rappelle un épisode de l’ancien testament : la Tour de Babel. Pour un rappel succinct et de mémoire, les hommes étaient unifiés en ce temps-là. Et ils ont décidé de construire une tour pour atteindre Dieu.

Le mythe de Babel, de la puissance de l’effort collectif à l’orgueil humain

« Ce mythe d’une fécondité remarquable a inspiré des réflexions sur l’origine de la diversité des langues, la puissance de l’effort collectif, l’orgueil humain, la fonction civilisatrice de la ville et la totalisation du savoir. » (Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tour_de_Babel#La_tradition_biblique)

Et l’article suivant ajoute : « Selon les traditions judéo-chrétiennes, Nemrod, le « roi-chasseur » régnant sur les descendants de Noé, est à l’origine du projet. Babel est souvent identifié à Babylone. L’unique langue parlée par les hommes est appelée la langue adamique. Pour certains, cette histoire qui explique la diversité des langues, illustre la nécessité de se comprendre pour réaliser de grands projets, et le risque d’échouer si chacun utilise son propre jargon.

On peut aussi y voir une illustration des dangers que représente la recherche de la connaissance, vue comme un défi lancé à Dieu : Quant aux Pères de l’Église et aux penseurs chrétiens, ils voient en Babel le péché, péché de la multiplicité détruisant l’unité, nouvelle chute puisque la Tour, comme la Chute de nos aïeux, résulte de l’orgueil.

Babel est aussi une ville, bâtie collectivement pour « se faire un nom » ; on pourrait comprendre « pour exister ». On peut en effet voir la Ville comme le lieu de la désobéissance des hommes envers Dieu. Mais le mot hébreu shem, souvent traduit par « nom », peut également vouloir dire « monument ». Ce sens est naturel dans ce passage, et résout le problème de l’interprétation de l’expression « se faire un nom » qui paraît à première vue hors de propos.

La ville et la tour sont construites sur une faille, Shinar, qui pour les Anciens, met en relation le monde des hommes avec celui des dieux : les Enfers. On peut comparer Babel à Hénoch (le commencement, en hébreu), première ville biblique construite par Caïn sur la terre de Nod (de l’errance, en hébreu), où sont nées les premières réalisations des hommes, par l’artisanat et les arts de Tubalcaïn et de Youbal ; mais cette ville est aussi le théâtre du crime de Lamech et Dieu la détruit par le Déluge ».

Voilà donc ce que le commun retient de la tour, plutôt de la peur et la séparation. La connexion avec le divin est mal comprise, comme le précise A.Jodorowsky.

La maison Dieu, ouverture, émergence de ce qui était enfermé

Pour l’instant, c’est vous qui êtes enfermés chez vous. Et pourtant quand vous sortirez quelque chose aura bien changé. C’est ce que tout le monde pressent.

A. Jodorowsky associe plusieurs mots-clés à cette carte de la Maison Dieu : temple, construction, joie, débordement, choc, expression, célébration, danse, déboucher, ouverture, déménager, éclater etc.

En introduction de son propos sur cette carte, Jodorowsky précise : « Le message de cette carte est d’un grand réconfort spirituel. Cependant, jusqu’à la restauration du Tarot de Marseille, on voyait généralement dans l’Arcane XVI une référence à la tour de Babel. Les interprétations les plus courantes parlaient de châtiment de l’orgueil, de catastrophe, de divorce, de castration, de tremblement de terre et de ruine. Oswald Wirth, le créateur du Tarot des Imagiers du Moyen Âge, a imaginé un roi et une reine tombant d’une tour et ajouté une brique qui fracassait la tête de la femme. »

Et d’ajouter : « Si on lit avec attention le passage de la Bible qui évoque la tour de Babel, on s’aperçoit que sa signification est bien loin d’une catastrophe. Plutôt que d’un châtiment, la destruction de la tour est la solution à un problème : le déluge venant de se terminer, toute la planète, abondamment irriguée, est devenue fertile. Il reste très peu d’humains. […] En principe, cette construction se veut un acte d’amour, un désir de connaître le royaume du Créateur. Or, celui-ci, sachant que ce projet est irréalisable, ne foudroie pas la tour, ne fait chuter aucun de ses habitants. Il crée seulement la diversité des langues pour séparer ceux-ci. Les hommes repartent à la conquête de la terre et se mettent à labourer ».

Et de conclure sa présentation de la carte : « Le message principal de l’Arcane XVI pourrait être : cessons de chercher Dieu dans le ciel, trouvons-le sur la terre ».

A.Jodorowsky vous invite donc à vous détacher de la culture chrétienne culpabilisante et à redevenir acteur et responsable de votre vie sur Terre. Arrêtez de regarder en haut, soyez dans le présent, ici sur Terre. Et vous trouverez le divin en vous maintenant.

Ce que pourrait dire la Maison Dieu

Et le message de la Maison Dieu va dans ce sens et même au-delà. Il est magnifique.

« Je suis le Temple : le monde entier est un autel que je sacralise. Mon existence comme la vôtre prouve à chaque battement de cœur que le monde est divin, que la chair est une célébration vivante et la vie une construction incessante.

Avec moi vous connaîtrez la joie, qui est la clé du sacré. Je suis la vie même, la transformation et la reconstruction, la flamme et l’énergie du vivant, de toute la matière et de tout l’esprit. Si vous voulez entrer en moi, il faudra vous réjouir, jeter au feu les caprices enfantins de la tristesse et de la peur et vous demander à chaque réveil : quelle est la fête ? Je suis la joie cataclysmique du vivant, l’imprévu permanent, la merveilleuse catastrophe.

Une couronne défensive m’éloignait du monde. Un bouchon de vieilles paroles recouvrait mon esprit, et des nuages de sentiments cristallisés, momifiés, sclérosés empêchaient la lumière de surgir des battements de mon cœur. Un manteau épais de désirs transformait mon formidable appétit de vivre en geôlier. J’étais chair sans Dieu, se consumant dans les flammes de sa propre existence, mon moi converti en prison.

Me méprisant, m’isolant, croyant défendre un territoire intérieur qui n’appartienne qu’à moi, qui étais-je dans l’obscurité de cette tour ? Maître de quoi ? De quel paraître, de quelle fausse identité ? Je n’étais que l’air raréfié d’une obscurité égoïste.

Et soudain, de l’intérieur et de l’extérieur a surgi la force innommable, l’amour qui soutient la matière. Mon sommet s’est ouvert. Mes tréfonds aussi. Les énergies du ciel et de la matière, s’unissant, m’ont traversée comme un ouragan. J’ai connu la brûlure du centre de la Terre, la lumière du centre de l’univers. Je recevais l’axe universel, vibrant, je n’étais plus une tour, j’étais un canal.

Alors la joie de l’union a éclaté. Le haut était le bas, le bas était le haut. Comme une fourmi reine, j’ai commencé à engendrer des êtres joyeux. Dieu était en moi, et moi je n’étais que matière en adoration. Je savais que je pouvais éclater, que chacune de mes briques traverserait l’infini comme un oiseau. Je savais que tout ce qui avait été enfermé dans la matière jaillirait à travers moi. J’étais le pilier central d’une danse cosmique, j’étais tout simplement le corps humain en pleine réception de son énergie originelle. » A. Jodoroswky et M. Costa, La voie du Tarot, 2004.

Belle invitation que celle de la Maison Dieu que de laisser revenir à vous votre essence originelle en vous reconnectant à votre divinité dans votre incarnation et incarner ce divin sur Terre.

Et si vous voulez aller plus loin sur les apports du Tarot de Marseille ces derniers jours, je vous invite à relire les articles sur le Pendu et sur la trilogie sur l’œuf dans le Tarot.

Le Pendu : https://emilie-m.net/la-voie-du-pendu-ou-ce-que-son-symbole-nous-exprime/

L’œuf : https://emilie-m.net/loeuf-symbole-de-renaissance-et-de-regeneration/

En résumé, la Maison Dieu est une carte riche en symboles qui vous invite à vous ouvrir sur le monde, à être dans la joie et à faire rayonner cette joie sur Terre. Canaliser le divin pour l’incarner sur Terre est aussi le message de la Maison Dieu.

Arrêtez de regarder en haut et vivez maintenant car le divin est à la fois en vous et autour de vous, incarné sur Terre.

Vous voulez en savoir plus sur la Maison Dieu ? Posez vos questions en commentaire et j’y répondrai avec plaisir.

Prenez bien soin de vous,

Émilie Laure

Le symbole de l’œuf du point de vue de A. Jodorowsky (suite)

Vous y voilà ! La fin de la trilogie concernant le symbole de l’œuf arrive à sa fin avec cet article.

Je vous propose aujourd’hui de finir le développement du symbole de l’œuf dans le tarot de Marseille et à partir des travaux de Alexandro Jodorowsky.

Dans mon premier article sur le sujet dont vous pouvez retrouver l’intégralité ici (https://emilie-m.net/loeuf-symbole-de-renaissance-et-de-regeneration/), je vous indiquais la présence de l’œuf dans 4 arcanes : la Papesse, l’Empereur, le Pendu et le Monde. Quels sont les autres liens entre ces cartes ? Et comment Jodorowsky perçoit les fêtes de Pâques ?

Le symbole de la croix dans le tarot de Jodorowsky

Regardez comme ces trois arcanes, l’Empereur, le Pendu et le Monde, ont toutes les trois les jambes croisées ! Ces jambes forment un 4 ou une croix, qui sont tous deux, des symboles de la Matière.

Celle-ci est donc appelée à devenir une expression de l’Esprit.

Ces trois arcanes invitent la verticalité de l’Esprit à rencontrer l’horizontalité de la matière ! La CROIX symbolise l’écartèlement ressenti par l’être humain entre la nécessité d’exister dans la matière (manger, dormir, travailler, construire…) et son aspiration intérieure à l’absolu de l’être qu’il est.

C’est de ce croisement que naît l’œuf, symbole de vie et de potentialité. L’œuf est à la fois une totalité et une promesse.

La Papesse, quant à elle, porte 4 croix :2 La Papesse - copie 2

  • Un croisement de 2 rubans ou de 2 liens sur son estomac
  • 3 petites croix qui s’inscrivent sur ces liens.

La loi des séries de quatre

L’ensemble de ces 4 arcanes font 3+1 = 4

Il semble que nous observions là l’une des lois du Tarot. Jodorowsky écrit dans « La voie du Tarot » :

« Une fois conscient que sous une symétrie apparente le Tarot niait toujours les répétitions, je commençais à me rendre compte que les Arcanes mineures s’organisaient suivant une loi que l’on pouvait formuler ainsi : « sur quatre parties, trois sont quasiment égales et une est différente. Et sur les trois égales, deux se ressemblent davantage ». Il cite alors de nombreux exemples (page 35) parmi :

  • les arcanes mineurs,
  • les religions et les mythologies,
  • les 4 éléments,
  • les ouvertures du visage
  • les 4 tempéraments
  • les 4 phases de l’alchimie
  • les 4 états de la matière

Ici, vous pouvez observez un exemple de cette loi sur 4 parties :

  • une est différente : La Papesse
  • 3 sont quasiment égales : L’Empereur, Le Pendu et Le Monde
  • sur les 3, 2 se ressemblent davantage : Le Pendu et Le Monde

Les œufs de Pâques vus sous le prisme du Tarot

Pour le dimanche de Pâques qui s’annonce, vous serez moins nombreux à voir les enfants chercher dans les fourrés les petits œufs en chocolat (confinement oblige). Toutefois, imaginez la scène et observez-la, vous penserez :

  • à la sagesse et à la Connaissance que vous mûrissez en vous comme une Papesse
  • au projet que vous voulez mettre au monde comme L’Empereur
  • à tout le potentiel spirituel que vous pouvez manifester en ne faisant rien comme Le Pendu
  • au rêve d’accomplissement que vous portez en vous comme la femme du Monde

Lorsque vous vous régalerez en dégustant des œufs, vous saurez que vous contenez en vous un potentiel immense, des millions de fois plus immense que tout ce que vous pouvez imaginez.

Autrement dit, le tarot de Marseille et l’analyse de Alexandro Jodorowsky vous montrent toute la puissance de ces symboles et du travail qu’il vous indispensable de faire en conscience pour permettre à un nouveau monde, votre nouveau monde, d’émerger grâce à cette crise sanitaire.

Les quatre cartes que je viens d’évoquer avec vous sont des étapes, des figures par lesquelles vous pouvez/devez passer pour permettre à votre œuf d’éclore et d’accomplir sur terre votre plein potentiel spirituel.

Voyez le spirituel dans la matière, car c’est bien cela que la matière est, l’incarnation du spirituel. L’œuf vous invite donc à prendre conscience de votre plein pouvoir créateur et à le reprendre en main dès à présent.

Vous voulez en savoir plus sur l’œuf ? Posez vos questions en commentaire et j’y répondrai avec plaisir. Retrouvez aussi le deuxième volet de cette trilogie ici :

Prenez bien soin de vous,

Émilie Laure

Le symbole de l’œuf, du chaos à l’organisation

Lors de mon précédent article, j’ai commencé d’évoquer la symbolique de l’œuf, une symbolique très riche qui rentre en résonance totale avec votre vécu actuel.

Dans le précédent article (pour rappel voir ici : https://emilie-m.net/loeuf-symbole-de-renaissance-et-de-regeneration/) j’évoquais l’œuf en tant que l’un des quatre modèles de mythes cosmogoniques, puis je vous évoquais la symbolique de l’œuf dans le tarot de Marseille. Je vous propose de poursuivre aujourd’hui la symbolique de l’œuf suivant les traditions du monde, l’alchimie avant d’arriver à une tradition que vous connaissez bien et qui met à l’honneur l’œuf : Pâques.

L’œuf, représentation du chaos

Le chaos représente la totalité parfaite, androgyne qui contient tout, mais où rien n’est différencié. L’œuf est alors une réalité primordiale, qui contient en germe la multiplicité des êtres qui vont en sortir.

L’œuf apparaît souvent sur les eaux ou sur un tertre. Il résulte de l’action du Verbe créateur, le vent qui souffle sur les ténèbres, soit pondu par un oiseau :

– l’œuf de serpent chez les Celtes, figuré par l’oursin fossile

– L’œuf craché par le serpent en Égypte ou pondu par l’oiseau Bennou

– L’œuf craché par le dragon chinois.

Tradition orphique connue par Aristophane et Platon

Ce qui est dit explique à partir de l’œuf la création du monde :

« A l’origine était le Vide, et la Nuit, et le noir Erèbe, et le large Tartare ; la Terre, l’air ni le ciel n’existaient pas encore. Mais dans les profondeurs infinies de l’Erèbe, la nuit aux ailes noires enfanta un œuf sans germe, d’où sortit, à la saison fixée, Eros le désirable, le dos resplendissant de deux ailes d’or, pareil aux tourbillons rapides comme le vent. S’étant uni de nuit au vide ailé, dans le large Tartare, il façonna notre race (à nous les oiseaux) et la fit surgir la première à la lumière. Celle des Immortels n’existait pas avant qu’Eros n’eût opéré l’union de toutes choses : du mélange progressif des éléments entre eux sortirent le Ciel, l’Océan, la Terre, et la race impérissable des dieux bienheureux. »

Le chaos, parfois si effrayant

L’œuf est donc l’origine de tout, symbole de l’unité primordiale. Il est l’image du vivant achevé, représentant la plénitude de l’être, qui se dégrade peu à peu jusqu’au non-être de l’existence individuelle. La théogonie orphique va de l’être au non-être.

Sous les noms de Prôtogonos (« Premier-Né »), ou de Phanès (« Celui qui fait briller »), Éros est la puissance qui intègre et concilie les opposés et les contraires ; c’est la force primordiale qui permet d’unifier les aspects différenciés d’un monde déchiré par les tensions. Eros, qui est aussi le plus ancien dieu grec, dieu de l’Amour et de la Nécessité, est donc mis en avant, en tant que premier-né qui intègre et concilie les contraires.

En Inde, l’œuf cosmique, né des eaux primordiales, couvé à leur surface par l’oiseau Hamsa, (l’esprit, le souffle divin), se sépare en deux moitiés pour donner naissance au Ciel et à la Terre.

Au Japon, l’œuf primordial du Shintô se sépare en une moitié légère le Ciel et une moitié dense la Terre.

L’œuf, premier principe d’organisation

Vous trouverez aussi dans différentes traditions du monde le principe d’organisation rattaché à l’œuf. En Inde, l’Homme primordial naît d’un œuf : il s’agit de Prajâpati, le dieu créateur le père de tous les dieux et démons hindous.

En Chine, des héros naissent d’œufs fécondés par le soleil (soleil énergie masculine par essence).

Dans la mythologie grecque, Léda, fille de Thestios (roi d’Étolie), est l’épouse de Tyndare (roi de Sparte) et la mère de Clytemnestre, d’Hélène et de Castor et Pollux.

On raconte qu’elle fut aimée par Zeus, qui prit la forme d’un cygne pour la séduire. De ses amours avec le dieu, elle conçut deux enfants (Hélène et Pollux), qui naquirent dans un œuf, alors que Clytemnestre et Castor, fils de Tyndare, naquirent dans un autre œuf (selon une autre version, c’est Némésis qui aurait pondu un œuf qui fut ensuite confié à Léda). Les récits varient cependant sur ce point, et les auteurs présentent parfois les Dioscures comme fils de Zeus tous deux, ou bien ne parlent que d’un seul œuf (quand ils en parlent : ce n’est pas le cas d’Homère, et les Grecs d’époque tardive avaient du mal à croire à cette légende ou s’en moquaient).

A travers ces différentes traditions, vous retrouvez les trois principes d’organisation de l’œuf : symbole de l’unité triple : Coquille, blanc et jaune.

Cette organisation est analogue à la structure d’une cellule : noyau, cytoplasme, membrane.

Le noyau ou jaune représente une structure dense, qui structure. Le blanc apporte la vie et la membrane apporte la cohésion, délimite, circonscrit.

C’est identique pour la structure de l’univers : la notion de Big Bang (explosion) est peu à peu remplacée par celle d’éclosion. L’univers a la forme d’un œuf.

L’œuf alchimique d’où sort l’union des principes masculin et féminin

Appliqué à l’alchimie, l’œuf symbolise le vase, l’athanor dans lequel s’opère la transmutation de la matière. Jung donne un excellent résumé des rapports symboliques entre l’œuf et l’œuvre alchimique :

« En alchimie, l’œuf représente le chaos tel que le conçoit l’adepte, la prima materia dans laquelle l’âme du monde est captive. De l’œuf, symbolisé par le vase de cuisson rond, s’envole l’aigle ou le phénix, l’âme libérée, identique, en dernière analyse, à l’Anthropos qui était emprisonné dans l’étreinte de Physis ».  Psychologie et alchimie

Le chaos représente une matière vile, le plomb. Le phénix correspond à l’or, l’âme purifiée. Le mystère de la transmutation alchimique, comme passage de la matière à un état supérieur, s’explique par le symbolisme de l’œuf.

L’œuf alchimique reçoit parfois aussi le nom d’œuf philosophique. L’œuvre est désormais sous son signe : les appareils, le déroulement de la cuisson, et le résultat sont des moments, des formes ou des significations de l’œuf symbolique, selon la loi de l’analogie.

Le vase dans lequel s’effectue la cuisson de la matière première porte le nom d’œuf en raison de sa forme et surtout du rôle de matrice qu’il joue.  C’est une sorte de petit ballon, parfois en cristal, et dont l’orifice, une fois la matière introduite, doit être soigneusement clos par le sceau d’Hermès.

C’est un modèle réduit de la Création. Après l’incubation, doit sortir la Pierre philosophale, l’Or spirituel, L’Enfant royal ou poussin, union des principes masculin et féminin.

L’œuf et le serpent

Une liaison importante existe entre l’œuf et le serpent.

Parfois l’œuf est engendré par un serpent, le serpent avale ou crache un œuf, le serpent s’enroule autour de l’œuf. Dans certaines traditions, le serpent est aux sources de la vie, comme l’œuf.

C’est le cas de l’énergie Kundalini, enroulée comme un serpent ; du symbole de l’ourobouros, le serpent qui se mord la queue, délimitant le cosmos en forme de cercle. Le serpent empêche la désintégration de l’univers, il le contient. Perpétuelle transformation de mort en vie.

La symbolique du Zéro

Rappelez-vous que nous sommes en 2020. Le zéro est donc doublement présent cette année. Zéro est un mot dérivé de l’arabe çifa, qui signifie vide.

Il faut attendre le Moyen Age pour que le zéro apparaisse en Occident, transmis par les arabes qui lui donnent son nom, mais déjà les savants de l’Inde le connaissaient déjà au 1er millénaire avant J.C. Il n’existe pas moins de 18 termes sanscrits pour exprimer le concept du zéro, se rapportant généralement à l’atmosphère, à l’immensité de l’espace, au vide ou au ciel. Une des notions du zéro est le bindu, le germe.

Les Mayas connaissaient aussi le Zéro, et l’utilisaient abondamment dans leurs calendriers. Ils le représentaient par une coquille ou un escargot : régénération cyclique, vie fœtale.

Le Zéro est l’intervalle de la génération. Comme l’œuf cosmique, il symbolise toutes les potentialités. Il symbolise aussi l’objet qui, sans valeur par lui-même, mais uniquement par sa position, confère à d’autres de la valeur, le zéro multipliant par 10 les nombres placés à sa gauche.

Il est la figure parfaite par excellence, sans commencement ni fin.

L’œuf de Pâques

L’œuf de la rénovation périodique, l’œuf pascal

La tradition des œufs que l’on s’offre, que l’on colore est universelle. Elle est liée au Nouvel An, ou moments particuliers de passage dans le calendrier.

En Perse, en Chine, on s’offre des œufs colorés au Nouvel An.

L’œuf symbolise la résurrection (du Christ) ou le renouveau du Printemps dans les traditions non chrétiennes, le passage (Pesach- pascha- paska, le retour de l’exil en Égypte dans la tradition juive).

Pâques chrétien est aussi lié à la lune de Printemps.

L’œuf symbolise alors le triptyque vie-mort-résurrection ou renaissance.

On trouve parfois des œufs dans des tombes (en Grèce, en Égypte l’œuf est évoqué dans les rites funéraires). D’ailleurs si vous regardez certaines fresques, en Égypte, vous trouverez des personnages qui ont un œuf posé au sommet de leur tête.

Cela peut vous rappeler le Pendu que je vous ai évoqué dans le précédent article et dans un autre lui étant uniquement dédié. Le Pendu laisse apparaître un œuf entre ses cheveux. Les cheveux sont reliés au monde spirituel. Pourtant c’est bien dans la direction de la terre que le Pendu fait naître l’œuf. Il apporte donc ce qui a germé dans son esprit à l’incarnation sur terre.

Pour rappel : https://emilie-m.net/la-voie-du-pendu-ou-ce-que-son-symbole-nous-exprime/

Voici donc une forme de potentialités qu’offre l’œuf actuellement. Qu’allez-vous faire de l’œuf que vous couvez actuellement. A quoi cela peut-il vous servir d’en prendre autant en magasin ? Pour en faire quoi ? Un seul peut suffire pour changer le monde, pour en faire naître un nouveau.

Vous voulez en savoir plus sur l’œuf ? Posez vos questions en commentaire et j’y répondrai avec plaisir.

Prenez bien soin de vous,

Émilie Laure

L’œuf, symbole de renaissance et de régénération

Je me rappelle en début de cette année que lors des vœux que je vous adressais en janvier dernier, j’analysais déjà ce que 2020 pouvait porter comme « possibles ». Et dans ces possibles, je voyais la présence de deux œufs.

Vous voilà donc tous présents dans vos maisons, vos appartements, vous yourtes etc. enfermés, comme dans un œuf ?

Et parmi les denrées que vous êtes nombreux à acheter en supermarché, l’œuf (et le papier toilette!) font partie de ceux qui remportent un franc succès.

Aussi je vous propose aujourd’hui de réfléchir à la symbolique de l’œuf. Quel est son message ? Sa symbolique positive ? Ce vers quoi il vous invite à vous rendre ?

Pour rappel sur l’importance des symboles dans vos vies, voir aussi : https://emilie-m.net/le-soleil-et-la-lune-des-symboles/

L’œuf est donc un des quatre modèles de mythes cosmogoniques

Avec le symbolisme de l’œuf, on touche aux mystères de la création et de la vie. C’est le symbole le plus en rapport avec les mystères du vivant. Il vous fait aller dans une dimension très paradoxale, celle du passage entre le chaos et le monde différencié, quand les choses commencent à venir à l’existence, le moment où tout est encore possible. Passage de l’Un au multiple rappelle Brigitte Boudon, enseignante en philosophie.

Le Zéro est à la fois avant le Un et après, et dans ce cas, c’est l’espace de la création.

Le paradoxe de la poule et de l’œuf n’a pas de solution si l’on se situe dans l’espace temps chronologique, mais pas si l’on se situe dans ce temps mythique, non chronologique, où les éléments coexistent.

Deux images se dégagent par rapport à la création :

. soit l’œuf est la forme que prend le Chaos, c’est alors la matrice qui contient tout à l’état virtuel, latent, potentiel …. Alors le symbole de l’œuf concerne la connaissance de ce qui est avant la création.

. soit l’œuf est la première forme d’organisation, avec sa structure ternaire : la coquille avec sa membrane, le blanc et le jaune.

Dans les deux cas, on parle d’œuf cosmique. Ces deux images sont soit séparées soit unies dans une même représentation :

1. l’œuf cosmique de la genèse, représentation du chaos

2. L’œuf, premier principe d’organisation

3. l’œuf alchimique

4. l’œuf et le serpent

5. la symbolique du Zéro

6. l’œuf de la renaissance (œuf de Pâques)

Les messages de l’œuf dans le Tarot de Marseille

Pourquoi les œufs du Tarot ? Avec la fête de Pâques, la nature célèbre le retour de l’énergie vitale des végétaux. Avec le printemps, les fleurs poussent partout, les arbres sont en fleurs, et le soleil vient nous réchauffer. Ce n’est pas un hasard si la fête pascale dans la tradition chrétienne se situe au début du printemps. C’est toute la nature qui « ressuscite » au moment de la célébration de la résurrection du Christ  !

Dans le Tarot de Philippe Camoin et Alexandro Jodorowsky, le symbole de l’œuf est présent sur quatre lames : la Papesse, l’Empereur, le Pendu et le Monde.

La Papesse couve son œuf. Le laissera-t-elle éclore un jour? Et que mettra au Monde son œuf?

La Papesse est une femme sage et réceptive. Elle accumule en elle des forces comme une femme enceinte. Un œuf se trouve sur la droite de la lame, symbolisant la gestation. Cet œuf représente tout le potentiel de vie qui demande à être couvé pour éclore. Il faut pour cela le temps nécessaire.

L’Empereur agit, construit, réalise. Son blason est en contact avec le sol, montrant ainsi la dimension pragmatique de ce personnage. L’aigle de son blason pond un œuf, mettant au jour les projet de L’Empereur. Il « passe à l’acte » en structurant le monde matériel. La ponte de cet œuf symbolise sa nouvelle action.

Le Pendu est inversé : il regarde le monde à l’envers et ses cheveux touchent la terre. Un œuf se trouve dissimulé dans ses cheveux, comme si ces derniers l’avaient pondu. Les cheveux sont des antennes qui vous relient au « ciel » au monde spirituel. C’est dans l’humilité de la non-action, de l’immobilité, et du silence, que Le Pendu « accouche » d’un potentiel spirituel peut-être illimité. Ce potentiel vient à éclore et à s’exprimer sur Le Monde. Or la 21ème et dernière lame se trouve être exactement « en miroir » avec Le Pendu par le nombre et par la position des jambes.

Pour rappel sur cette carte du Pendu voir aussi : https://emilie-m.net/la-voie-du-pendu-ou-ce-que-son-symbole-nous-exprime/

Le Monde célèbre un accomplissement. Cette femme serait, d’après l’enseignement de Philippe Camoin, Marie-Madeleine, la femme initiée de Jésus. Son pied droit repose sur un œuf qui se trouve intégré à la guirlande. Cette dernière dessine une « mandorle » (en forme d’amande) qui est aussi une forme d’œuf. Cet accomplissement symbolisé par les 4 énergies devenues des êtres vivants, annonce un nouveau potentiel qui sera développé lors d’un nouveau cycle à venir, car la vie ne s’arrête jamais.

La Papesse est en gestation d’une Sagesse qui va se manifester et s’incarner de 3 façons :

  • Par une action et une réalisation matérielle avec L’Empereur
  • Par une non-action et un lâcher-prise avec Le Pendu
  • Par une nudité majectueuse ouvrant sur un nouveau potentiel avec Le Monde.

Vous retrouvez-vous dans ces premiers éléments de réflexion que ce soit au niveau symbolique ou au niveau du tarot ?

Vous voulez en savoir plus sur l’œuf ? Posez vos questions en commentaire et j’y répondrai avec plaisir. Je continuerai cet article avec un prochain dans les jours à venir.

Prenez bien soin de vous,

Émilie Laure

La roue de la fortune selon A. Jodorowski

J’ai fait un rêve. Il y a quelques jours, à la suite d’une altercation très vive avec une voisine, dont d’autres voisins ont été témoins, j’ai fait ce rêve.

Je suis plutôt une femme assez pacifique. Pourtant le comportement de cette autre personne avec laquelle j’ai eu une altercation m’a poussé à me positionner. Et tant mieux. Car elle n’était finalement qu’une partie de moi-même à laquelle je ne faisais pas face, que je refusais d’affronter.

Et après cet événement, j’ai été extrêmement soulagée.

Cette altercation concernait l’occupation d’un espace commun, un détail qui, sans rentrer dans ma vie privée a de l’importance pour comprendre une partie du rêve que je vais vous expliquer.

Le rêve, la symbolique de ce que nous sommes

Je m’appuie donc cette fois-ci sur cette expérience pour vous rappeler l’importance de la symbolique dans nos vies.

Dernièrement je vous ai parlé à ce sujet du coronavirus en vous invitant à suivre aussi les travaux e Rose et Gilles Gandy sur le sujet.

Cf. article : https://emilie-m.net/le-symbolisme-pour-depasser-le-coronavirus/

Le rêve : « Je voyais ma mère dans un autobus. Elle voyait une roue (de grande taille) arriver sur le bus. Je ne sais par quel moyen, elle a réussi à faire changer le chemin du bus qui a évité la roue, mais a tout de même eu un accident. Lorsque je suis arrivée sur place, ma mère n’était pas là. Elle devait voir un médecin car elle avait mal au cœur. Mais les pompiers présents me précisaient que sans elle, cela aurait pu être bien plus grave pour tout le monde. Et effectivement je voyais tous les autres passagers sains et saufs. Le bus était juste accidenté. Je me tenais pour ma part en haut d’une colline et les occupants du bus étaient légèrement en-dessous de moi ».

L’autobus représente un moyen de transport collectif. Nous faisons donc une partie de notre voyage, de notre incarnation avec d’autres. Et donc cela renvoyait à ma relation aux autres. Oui ce rêve parlait bien de moi et non pas de ma mère qui était juste le reflet de mon côté « maman ». La mère protège. C’est ce qu’elle a fait en forçant le bus à changer de direction. Comme la veille lors de mon altercation vive avec ma voisine, je l’ai fait. Mais ma mère a eu mal au cœur. Évidemment cette altercation et surtout la manière dont elle a eu lieu m’a blessée. J’en avais conscience.

Mais le plus intéressant n’est pas là. Je passe sur la suite de l’interprétation de ce rêve que vous pouvez réaliser vous-même. Elle est assez simple.

Le plus intéressant à mon sens porte sur la symbolique de la roue, qui renvoie pour moi à celle que je connais (dans le tarot de Marseille) qui est celle de A. Jodorowski , la carte de la Roue de Fortune.

La roue de fortune, début ou fin d’un cycle

A Jodorowski indique concernant cette carte les nombreuses interprétations dont elle peut faire l’objet. C’est effectivement le cas : « Sa forme circulaire et la manivelle qui lui est attachée nous indiquent sa signification première : fin d’un cycle et attente de la force qui mettra en mouvement le cycle suivant. […] Plus que tout autre arcane, la roue de fortune est nettement orientée vers une clôture du passé et une attente de l’avenir. […] Si l’on décide d’analyser cette carte comme un échec, c’est pour y découvrir que l’échec n’est pas la fin de tout, mais une chance de reconversion : un changement de chemin ».

L’échec de la conversation avec la voisine oui, mais un changement de chemin effectivement !

Et A. Jodorowski d’ajouter : « Le message pourrait être que la réalité, sous une apparence solide, est en perpétuel changement comme les flots de la mer. Tout est condamné à disparaître, le réel est un rêve éphémère et la Terre une illusion de l’océan cosmique. Ici, un seul élément peut aspirer à l’éternité : le centre de la roue. […] Tout tourne autour de ce cœur, où l’on peut voir un symbole du mystère divin. […] Le centre est le point à partir duquel le changement peut s’opérer. »

Et il ajoute encore : « Le cœur est donc présenté comme l’élément qui peut unir ou immobiliser les autres instances, vie spirituelle et vie animale. C’est souvent une énigme émotionnelle, un noyau affectif irrésolu qui bloque l’action vitale d’un consultant. Les cinq pointes de la couronne du sphynx nous renvoient à la quintessence de l’être essentiel, la conscience capable d’unir les instances disparates de l’être humain comme le pouce unit les doigts de la main. »

« En descendant au plus profond de nous-mêmes dans l’acceptation de notre inconscient, nous pouvons effectuer la rencontre avec le dieu intérieur et émerger en tant qu’êtres illuminés. En ce sens, le centre de la roue représente à la fois le lieu de l’arrêt, le noyau du problème et celui du mouvement possible, l’appel à l’éveil du trésor intérieur. »

Et de conclure : « La roue de fortune invite à réfléchir sur les alternances inévitables d’ascension et de chute, de prospérité et d’austérité, de joie et de tristesse. Elle nous oriente vers le changement qu’il soit positif ou négatif et l’acceptation de la constante mutation du réel. »

Extraits tirés de : La voie du Tarot, Alexandro Jodoroswsky et Marianne Costa, Editions Albin Michel, 2004.

Et si la roue de fortune parlait ?

Au-delà de mon expérience personnelle évoquée plus haut, j’ai le sentiment, partagé avec d’autres, que l’expérience collective que nous vivons actuellement peut aussi s’appuyer sur la symbolique de la roue de fortune.

Plusieurs énergies sont en jeu et nous invitent à travailler sur nous-même et à l’intérieur en profondeur.

Je vous ai parlé plus tôt de la carte du Pendu.

Pour rappel sur le sujet voir : https://emilie-m.net/la-voie-du-pendu-ou-ce-que-son-symbole-nous-exprime/

Chaque symbole est porteur d’une conscience et j’aime l’idée de faire parler ces symboles, comme le font très bien Alexandro Jodorowski et Marianne Costa.

Si la roue de fortune parlait, elle pourrait nous dire : « J’ai connu toutes les expériences. Au commencement, j’avais devant moi un océan de possibilités. Guidée tour à tour par la volonté, par la providence ou le hasard, j’ai choisi mes actions, accumulé la connaissance, pour ensuite éclater sans finalité préconçue. D’innombrables fois j’ai trouvé la stabilité. J’ai voulu en garder les fruits sur ma table mais je les ai vus pourrir. J’ai compris que je devais m’ouvrir aux autres, partager. Qu’il me faudrait chercher le grand Autre en moi, la source divine. Le centre de mes révolutions innombrables autour de cet axe. Je me suis perdue, cherchant tout ce qui me ressemblait. J’ai connu le plaisir de me refléter dans les yeux de l’autre comme dans d’infinis miroirs. Jusqu’au jour où, avec une force irrépressible, j’ai agi dans le monde et tenté de le changer… pour me rendre compte que je pouvais seulement commencer à le transformer. Ma quête spirituelle s’est élargie au point d’imbiber la totalité de la matière et je suis arrivée à l’effrayante perfection, cet état où l’on ne pouvait rien m’ajouter, rien m’enlever. Je n’ai pas voulu rester ainsi pétrifiée. Alors j’ai tout abandonné, avec ma sagesse pour toute compagne. Je suis arrivée à l’extrême limite de moi-même, pleine, mais arrêtée, attendant que le caprice divin, l’énergie universelle, le vent mystérieux qui souffle de l’inconcevable, me fasse tourner et qu’en mon centre s’épanouisse le premier élan d’un nouveau cycle.

J’ai bien appris que tout ce qui commence finit, et que tout ce qui finit commence. J’ai bien appris que tout ce qui s’élève descend et que tout ce qui descend s’élève. J’ai bien appris que tout ce qui circule en vient à stagner et que tout ce qui stagne en vient à circuler. La misère devient richesse, la richesse misère. D’une mutation à l’autre, je vous invite à vous unir à la roue de la vie, acceptant les changements avec patience, docilité, humilité, jusqu’au moment où naît la Conscience. Alors, tout ce qui est humain, telle une chrysalide accouchant d’un papillon, parvient au degré angélique où la réalité cesse de tourner sur elle-même, où elle s’élance dans l’esprit du Créateur ».

En résumé, la symbolique qu’elle soit à travers un rêve ou un événement que vous vivez renvoie seulement à votre propre personne. Dans l’exemple que j’ai donné, le symbole de la Roue de Fortune joue un rôle important dans la compréhension du message de mon âme. De plus, cette carte de tarot rentre en parfaite résonance avec la situation universelle que nous vivons tous.

Vous voulez en savoir plus sur la roue de Fortune ? Posez vos questions en commentaire et j’y répondrai avec plaisir.

Prenez bien soin de vous,

Émilie Laure

La voie du Pendu ou ce que son symbole nous exprime

Pour faire suite à mon précédent article sur la symbolique, j’ai voulu partager aujourd’hui avec vous d’autres éléments que A. Jodorowsky révèle concernant ce personnage du tarot de Marseille : le Pendu.

Pour rappel sur la symbolique et mon précédent article voir : https://emilie-m.net/le-symbolisme-pour-depasser-le-coronavirus/

Ce que pourrait nous dire le Pendu

« Je suis dans cette position parce que je le veux. C’est moi qui ai coupé les branches. J’ai délivré mes mains du désir de saisir, de m’approprier, de retenir. Sans abandonner le monde, je me suis retiré de lui. Avec moi vous pouvez trouver la volonté d’entrer dans l’état où il n’y a plus de volonté. Où les mots, les émotions, les relations, les désirs, les besoins ne vous attachent plus. Pour me détacher, j’ai coupé tous les liens sauf celui qui m’unit à la Conscience.

J’ai la sensation de tomber éternellement vers moi-même. A travers le labyrinthe des mots je me cherche, je suis celui qui pense et non ce qui est pensé. Je ne suis pas les sentiments, je les observe depuis une sphère intangible où il n’y a que la paix. A une distance infinie de la rivière des désirs, je ne connais que l’indifférence. Je ne suis pas un corps, mais celui qui l’habite. Pour arriver à moi-même, je suis un chasseur qui sacrifie la proie. Je trouve la brûlante action dans l’infinie non-action.

Je traverse la douleur pour trouver la force du sacrifice. Peu à peu je me défais de tout ce que l’on pourrait appeler « moi ». Je rentre en moi-même incessamment, comme dans une forêt enchantée. Je ne possède rien, je ne connais rien, je ne sais rien, je ne veux rien, je ne peux rien.

Cependant des univers entiers me traversent, viennent me remplir de leurs tourbillons, puis s’en vont. Je suis le ciel infini qui laisse passer les nuages. Qu’est-ce qu’il me reste ? Un seul regard, sans objet, conscient de lui-même, faisant de lui-même la dernière et ultime réalité. Alors j’éclate en pure lumière. Alors je deviens l’axe d’une danse totale, l’eau bénite où viennent boire les assoiffés.

C’est à ce moment-là que je suis l’air pur qui chasse les atmosphères empoisonnées. C’est à ce moment-là que mon corps attaché devient source cataclysmique de la vie éternelle.

Je ne suis plus qu’un cœur qui bat, qui propulse la beauté vers les confins de la création. Je deviens la douceur paisible dans toute douleur, l’incessante gratitude, la porte qui conduit les victimes à l’extase. Le chemin en pente par lequel on se glisse vers le haut. La lumière vive qui circule dans l’obscurité du sang. »

Propos extraits de La voie du Tarot, Alexandro Jodoroswsky et Marianne Costa, Editions Albin Michel, 2004.

Les interprétations traditionnelles du Pendu

Le tarot de Marseille peut être utilisé de manière plus traditionnelle avec des tirages de cartes. Si le Pendu ressort, il peut avoir plusieurs significations dont : l’arrêt, l’attente, l’immobilité, le moment d’agir n’est pas venu, cacher quelque chose, autopunition, secret, fœtus en gestation, retournement de perspectives, voir d’un autre point de vue, ne pas choisir, repos, maladie, grossesse, conditions de la gestation du consultant, attache à l’arbre généalogique, prière, sacrifice, don de soi, méditation profonde, non-faire, forces intérieures reçues par la prière etc.

Autrement dit, le Pendu vous invite à l’introspection et à chercher en vous-même la force que vous possédez tous.

Priez, créez vos mantras.

Pour rappel sur le sujet voir : https://emilie-m.net/creez-votre-propre-mantra-pour-vous-eveiller/

Et si vous méditiez avec le Pendu ?

Méditez avec lui. Oui c’est possible.

Vous pouvez imprimer la carte ou bien la regarder un instant sur l’écran de votre ordinateur. Focalisez-vous sur elle, sur son symbole. Regardez l’expression du personnage.

Puis fermez les yeux. Laissez le Pendu vous imprégner de son énergie. Laissez-le entrer en vous. Ce qui peut sembler une forme de passivité pour vous chez lui, vous est nécessaire. Il vient vous aider à vous extraire de la situation que vous vivez. Il vient vous aider à vous extraire de vos sentiments. Il vient vous aider à les observer et plus à les subir. Il vient vous aider à voir le bon dans la situation que vous vivez.

Regardez le Pendu avec les yeux de votre âme. Peut-être son image physique est-elle encore floue. Cela n’a pas d’importance. Ce qui importe c’est sa vibration, c’est sentir son identité en vous, sentir sa signature, son êtreté. Car dans cette position, le Pendu est. Il est.

Il ne fait pas. Car il a choisi de ne plus faire à présent. Et cette position qui vous semble si inconfortable est pourtant nécessaire. Elle vous est nécessaire. Arrêtez de faire au moins un instant. Respirez calmement et entrez à présent dans le corps, dans la carte de ce Pendu. Devenez ce Pendu.

Observez-le en vous et apprenez de lui.

Laissez la quiétude s’installer en vous, le temps qui vous est nécessaire.

Puis lorsque vous le désirez, rouvrez progressivement les yeux. Regardez de nouveau la carte du Pendu. Et remerciez-la.

Refaites cette méditation autant de fois que nécessaire pour vous durant les jours à venir.

Je vous souhaite à tous et toutes une belle et douce journée. Prenez bien soin de vous.

Émilie Laure

Le symbolisme pour dépasser le Coronavirus

Vous me connaissez bien. Je m’intéresse depuis de nombreuses années au sens des événements, des symboles, de tout ce qui nous entoure.

Et si comme vous, je peux parfois me laisser emporter par les événements, par ce qu’ils touchent en moi de mémoires individuelles, je cherche alors à prendre de la hauteur, à m’observer pour mieux en comprendre les symboles et ainsi les dépasser.

Pour rappel sur des symboles avec lesquels nous vivons quotidiennement voir aussi : https://emilie-m.net/le-soleil-et-la-lune-des-symboles/

Aujourd’hui je vous propose de vous interroger justement sur le symbole du Coronavirus.

Pour ce faire, je prendrai deux axes de réflexion : celui du tarot de Marseille et celui de la médecine symbolique, méthode mise en place par Rose et Gilles Gandy.

Se responsabiliser et regarder en soi

Quelle que soit la méthode retenue en symbolique, tarot ou médecine symbolique, celle-ci vous invite à regarder à l’intérieur de vous-même. Cela tombe bien ! Le confinement que vous êtes une majorité à vivre vous oblige à vivre dans votre intérieur. Pour autant le regardez-vous ou le subissez-vous ?

Regarder en soi, c’est s’interroger sur sa part de responsabilité dans ce qui arrive. Et très clairement, cette part de responsabilité est totale. On peut bien sûr chercher des responsabilités auprès des Chinois (de véritables boucs-émissaires de cette crise), auprès du capitalisme, auprès de Trump etc. Ils sont tous des symboles quoiqu’il en soit.

Rappelez-vous que nous sommes tous reliés. Donc il y a quelque chose que vous/nous avez/avons construit ensemble. Et aujourd’hui nous l’identifions sous le nom de Coronavirus ou Covid-19.

Le tarot de Marseille pour vous aider à y voir plus clair

Ce matin en me réveillant, c’est la carte du Pendu, carte n°12 du tarot de Marseille de A. Jodorowsky, qui m’est venu en tête. En effet, vous êtes nombreux dans les témoignages que je reçois à avoir le sentiment de subir, de ne pouvoir rien faire, d’être « les pieds et les points liés ».

Mais regardez un instant davantage ce pendu. Que vous dit-il ? Ses mains sont liées derrière lui dans son dos. Il est pendu par un pied, l’autre, le droit, est libre de bouger. Et il a la tête en bas.

Vous avez toujours l’impression qu’il ne peut rien faire ?

Et cette carte correspond pleinement à ce que vous vivez : « Il indique un état d’accumulation, d’arrêt et de réclusion. Il s’est écarté du monde des humains, auquel il n’est plus relié que par la corde qui l’attache, entre les deux arbres qui le soutiennent. » indique A. Jodorowsky.

Et il ajoute : « Le Pendu est couvé : il entre en gestation pour faire naître l’être nouveau. […] Suspendu entre ciel et terre, il attend de naître. ».

Concernant la symbolique des mains, comme elles sont bloquées, le Pendu ne fait pas, ne choisit pas non plus.

Et il ajoute aussi que pour « cette naissance matérielle ou spirituelle qui se prépare, un arrêt est nécessaire ». Voilà donc ce qui nous attend. Et cela rejoint une partie du travail de Rose et Gilles Gandy.

Le Pendu est clairement le symbole d’une transformation en cours. Mais que pouvons-nous faire ? Rien ? Ou bien méditer, se reposer et préparer dans l’idée l’après ? Qu’en pensez-vous ?

Pour A. Jodorowsky, le Pendu est en méditation et cette méditation lui donne accès à la sagesse universelle qui repose en lui… à condition bien sûr qu’il prenne conscience de ce temps qui s’offre à lui et de cette opportunité.

A défaut, il risque de bloquer une énergie qui a besoin d’être libérée. Le temps qu’il aura eu de disponible pour s’éveiller aura alors été inutile.

Pour rappel sur mon approche du tarot, voir aussi : https://emilie-m.net/le-tarot-un-outil-devolution/

Rose et Gilles Gandy, la médecine symbolique

Rose et Gilles Gandy définissent la médecine symbolique comme suit : « La Médecine Symbolique© apporte des solutions aux problèmes individuels et collectifs par une approche sensible et une prise de conscience personnelle. Elle révèle les mécanismes internes et externes des phénomènes, et elle donne du sens aux interactions avec les autres et les choses, en éclairant les dysfonctionnements qui peuvent en découler. »

Et de poursuivre : « Son objectif est de favoriser l’équilibre et le bien-être par une approche complémentaire. En effet, les techniques de soin actuelles s’adressent soit aux symptômes physiques (médecine du corps) soit aux facteurs psycho-émotionnels (médecine de l’esprit).

Dans les deux cas, l’objectif est d’enclencher une guérison. Guérison du corps, guérison de l’esprit ou guérison des deux?

Et si les symptômes corporels et psycho-émotionnels provenaient aussi de « maladies de l’âme » ? Cette hypothèse ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques… »

Ces derniers jours, Rose et Gilles Gandy ont proposé une approche du coronavirus par la médecine symbolique. Je vous laisse en prendre connaissance via les trois vidéos qui ont été mises en ligne par Rose et Gilles Gandy si cette approche vous interpelle, vous parle.

Coronavirus et symbolique

Coronavirus, virus mental

Coronavirus, le pouvoir créateur

Je trouve vraiment leur approche intéressante. Et elle vous rend votre responsabilité, votre rôle à jouer dans votre quotidien. Vous êtes acteur/actrice de votre quotidien y compris sur des problématiques qui semblent être plus universelles.

Je reviendrai prochainement vers vous pour vous délivrer le message du Pendu et d’autres cartes pour vous accompagner dans cet épisode de vie que nous traversons ensemble.

Prenez bien soin de vous.

Émilie Laure